Il y a quelques semaines, j’ai vécu l’une des expériences les plus marquantes de ma vie de trailer.
En regardant le titre de cette vidéo, certains ont probablement pensé : « Encore un titre un peu exagéré pour attirer les clics… » Et, honnêtement, à leur place, j’aurais sans doute eu la même réaction.
Sauf que cette fois, ce n’était pas du tout le cas.
Quelques minutes après une sortie de trail de 25 km en montagne, mon état s’est brutalement dégradé. Des frissons incontrôlables, des tremblements de plus en plus violents, une incapacité à tenir debout… À un moment, je me suis réellement demandé si j’allais devoir appeler les secours.
Le plus surprenant dans cette histoire, c’est que je pratique les sports d’endurance depuis de nombreuses années. Je me suis énormément documenté sur l’entraînement, la nutrition sportive et, plus récemment, sur la physiologie humaine. Pourtant, je n’avais jamais entendu parler de certains symptômes dont j’ai été victime ce jour-là.
Après avoir pris le temps d’analyser la situation et de comprendre les mécanismes en jeu, tout semblait pointer vers un phénomène bien particulier : une hypoglycémie réactionnelle survenue après l’effort.
À travers cet article, je vais te raconter exactement ce qu’il s’est passé, mais surtout t’expliquer pourquoi cette situation peut se produire, comment la reconnaître et quelles erreurs éviter pour qu’elle ne t’arrive jamais.
Petit rappel : qu’est-ce qu’une hypoglycémie ?
Avant de revenir sur mon expérience, prenons quelques minutes pour comprendre ce qu’est réellement une hypoglycémie.
Sans entrer dans des considérations trop techniques, une hypoglycémie correspond à une baisse anormale du taux de glucose dans le sang.
Or, le glucose constitue l’une des principales sources d’énergie de l’organisme, et en particulier du cerveau. Lorsque sa concentration devient insuffisante, le corps met rapidement en place différents mécanismes de compensation afin de rétablir un équilibre normal.
C’est à ce moment que peuvent apparaître les symptômes les plus connus :
- des vertiges ;
- des sueurs froides ;
- des tremblements ;
- une sensation de faiblesse importante ;
- des maux de tête ;
- parfois des nausées ou une confusion.
Chez le sportif d’endurance, une hypoglycémie survient généralement lorsque les réserves de glucides disponibles deviennent insuffisantes pour répondre aux besoins de l’effort. C’est précisément pour cette raison qu’il est indispensable d’apporter régulièrement des glucides lors des sorties longues, que ce soit sous forme de gels, de boissons énergétiques, de barres ou d’autres aliments facilement assimilables.
Mais il existe une autre forme d’hypoglycémie, beaucoup moins connue, qui peut paradoxalement apparaître… après avoir consommé des glucides.
C’est ce que l’on appelle l’hypoglycémie réactionnelle.
Hypoglycémie réactionnelle : pourquoi manger du sucre peut parfois provoquer une hypoglycémie ?
À première vue, cela paraît totalement illogique.
Comment un apport en glucides pourrait-il faire chuter la glycémie ?
La réponse repose sur le rôle de l’insuline.
Lorsqu’une grande quantité de glucides est absorbée rapidement, la glycémie augmente. Pour éviter qu’elle ne reste trop élevée, le pancréas libère de l’insuline, une hormone chargée de faire entrer le glucose dans les cellules afin qu’il puisse être utilisé ou stocké.
Dans certaines situations, cette réponse insulinique peut être particulièrement importante. La glycémie chute alors rapidement, parfois jusqu’à atteindre un niveau suffisamment bas pour provoquer une hypoglycémie : c’est le principe de l’hypoglycémie réactionnelle.
Heureusement, ce phénomène reste relativement rare pendant un effort soutenu.
En effet, l’exercice physique s’accompagne d’une augmentation importante de l’adrénaline. Cette hormone limite en partie la sécrétion d’insuline et favorise, au contraire, la libération de glucose par le foie afin de maintenir un apport énergétique suffisant aux muscles et au cerveau.
C’est justement ce détail physiologique qui va jouer un rôle essentiel dans la suite de mon histoire.
Comment je me suis retrouvé en hypoglycémie après une sortie trail
Pour comprendre ce qu’il s’est passé, il faut revenir quelques heures en arrière.
À cette période, j’étais parti passer trois jours en montagne afin de préparer le Lavaredo 50K, l’un des objectifs importants de ma saison. L’idée était simple : enchaîner plusieurs sorties sur des terrains exigeants afin de reproduire les contraintes d’une course en montagne.
Le deuxième jour, je pars donc sur un parcours que je connais très bien, au départ d’Orcières-Merlette.
Au programme :
- 25 km
- 1 600 m de dénivelé positif
Tout se déroule parfaitement.
Je profite de cette sortie pour tester un nouveau protocole nutritionnel en vue du Lavaredo. Mon objectif est de vérifier la tolérance digestive de nouveaux gels énergétiques tout en respectant un apport régulier d’environ 45 g de glucides toutes les 45 minutes.
La sortie se passe exactement comme prévu.
Aucune baisse d’énergie.
Aucun problème digestif.
De bonnes sensations jusqu’à la fin.
Bref, tout semblait sous contrôle.
L’erreur que je n’avais pas vue venir
Comme beaucoup de sportifs d’endurance, j’accorde énormément d’importance à la récupération.
Avec les années, j’ai compris qu’une séance ne se termine pas lorsque l’on arrête sa montre. La récupération fait partie intégrante de l’entraînement.
Je fais donc particulièrement attention à deux éléments juste après l’effort :
- reconstituer les réserves de glucides ;
- apporter suffisamment de protéines pour favoriser la récupération musculaire.
Il existe d’ailleurs une période particulièrement intéressante immédiatement après un exercice prolongé.
Pendant plusieurs dizaines de minutes, l’organisme reste encore sous l’influence des hormones libérées pendant l’effort, notamment l’adrénaline. Les muscles présentent également une forte sensibilité à l’insuline et captent très efficacement le glucose afin de reconstituer leurs réserves de glycogène.
Autrement dit, c’est un moment particulièrement favorable pour commencer à refaire le plein d’énergie.
D’autant plus que, dans mon cas, une nouvelle sortie de 20 km et 1 000 m de dénivelé positif était prévue dès le lendemain.
Une simple perte de notion du temps
Le problème, c’est que cette fois, rien ne s’est passé comme prévu.
Je termine complètement trempé.
Au lieu de manger immédiatement, je décide d’abord de rentrer au studio.
Je retire mes vêtements.
Je les mets à sécher.
J’étends toutes mes affaires au-dessus des radiateurs…
Quand j’y repense aujourd’hui, j’avais vraiment l’impression de jouer les hommes de ménage plutôt que de penser à récupérer.
Le plus piégeux dans cette histoire, c’est que je n’avais absolument plus conscience du temps qui passait.
Dans ma tête, j’avais dû perdre cinq ou dix minutes tout au plus.
En réalité…
Plus d’une vingtaine de minutes s’étaient déjà écoulées depuis la fin de ma sortie.
Une collation qui semblait pourtant parfaitement adaptée
Une fois installé, je prends enfin ma collation de récupération.
Au menu :
- une barre Maurten apportant environ 40 g de glucides ;
- un shaker de protéines contenant une petite cuillère de sirop d’agave, soit environ 10 g de glucides supplémentaires.
Au total, j’ingère donc une cinquantaine de grammes de glucides.
Sur le papier, rien d’extraordinaire.
Je comptais d’ailleurs poursuivre avec un vrai repas un peu plus tard, mais comme souvent après une grosse sortie trail, mon appétit n’était pas encore revenu. J’attends généralement une bonne heure avant d’avoir réellement envie de manger.
Concernant l’hydratation, je ne m’inquiétais pas non plus.
Les températures étaient fraîches ce jour-là, je n’avais pas particulièrement souffert de la chaleur et mes urines étaient très claires, signe que mon état d’hydratation semblait satisfaisant.
À ce moment-là, absolument rien ne laissait présager ce qui allait se produire quelques minutes plus tard.
Les symptômes méconnus de l’hypoglycémie : tout a basculé en quelques minutes
Après avoir pris ma collation, je décide d’aller prendre une bonne douche chaude.
À ce moment-là, rien d’inquiétant.
Je commence même à sentir que l’appétit revient doucement. Je me dis que je vais bientôt pouvoir manger un vrai repas et terminer tranquillement ma récupération.
Puis, sans prévenir, quelque chose change.
Je ressens un premier frisson.
Pas un simple frisson parce que j’ai froid, mais cette sensation étrange qui parcourt tout le corps pendant une fraction de seconde.
Je n’y prête pas vraiment attention.
Après tout, je viens de passer plusieurs heures en montagne. Je suis fatigué, encore un peu humide malgré la douche… Rien d’alarmant.
Je décide simplement de m’allonger quelques minutes, les jambes légèrement surélevées, histoire de récupérer un peu plus vite.
Mais les minutes passent…
Et le froid devient de plus en plus intense.
Très rapidement, je commence à frissonner en continu.
Puis mon corps entier se met à trembler.
Je claque des dents.
À cet instant, je comprends immédiatement qu’il se passe quelque chose d’anormal.
Quand on ne comprend plus ce qui arrive
Mon premier réflexe est de prendre ma température.
Rien.
Aucune fièvre.
Je commence alors à faire défiler mentalement tout ce que j’ai fait depuis la fin de la sortie.
Est-ce simplement de la fatigue ?
Est-ce que j’ai attrapé quelque chose ?
Puis une autre idée me traverse l’esprit.
Pendant mes sorties en montagne, il m’arrive régulièrement de remplir mes flasques dans de petits torrents.
Je ne filtre pas cette eau.
Le risque reste faible en altitude, mais il n’est jamais totalement nul.
Je me demande alors si je n’aurais pas pu contracter une bactérie ou un parasite.
Seulement voilà…
Je n’ai toujours pas de fièvre.
Et plus les minutes passent, moins cette hypothèse me paraît convaincante.
Je suis seul.
La station est quasiment vide à cette période de l’année.
Tout est fermé.
Petit à petit, une autre inquiétude apparaît.
Et si la situation continuait à empirer ?
Les tremblements deviennent incontrôlables
En quelques minutes seulement, les symptômes prennent une ampleur que je n’aurais jamais imaginée.
Je ne parle plus de simples frissons.
Mon corps tremble de façon totalement incontrôlable.
Chaque muscle semble se contracter malgré moi.
Les spasmes deviennent si importants que je réalise une chose assez inquiétante :
je suis incapable de prendre le volant.
Même si j’avais voulu rejoindre les urgences de Gap, je n’aurais probablement pas réussi à conduire.
Je ne contrôle plus suffisamment mon corps.
C’est une sensation extrêmement déstabilisante.
Parce qu’à ce moment-là, tu ne sais toujours pas ce qui t’arrive.
Tu sais simplement qu’il y a quelque chose qui ne tourne vraiment pas rond.
Et lorsque tu es seul, au milieu des montagnes, cette impression devient très vite oppressante.
Le réflexe qui a probablement changé la suite des événements
Avant d’appeler quelqu’un ou de contacter les secours, je décide de tenter une dernière chose.
J’ouvre ChatGPT.
Je prends le temps de décrire précisément toute ma journée.
La durée de la sortie.
Le dénivelé.
Ce que j’ai mangé pendant l’effort.
Ce que j’ai mangé après.
Le délai avant ma collation.
Les symptômes.
Les tremblements.
Les frissons.
L’absence de fièvre.
En quelques secondes, la première hypothèse proposée apparaît :
une hypoglycémie.
Je reste surpris.
Très surpris même.
Parce que, malgré toutes les années de pratique et tout ce que j’avais pu apprendre sur la nutrition sportive, je n’avais jamais associé de tels tremblements à une hypoglycémie.
Pour moi, une hypoglycémie se résumait surtout à des vertiges, un malaise, une sensation de faiblesse…
Pas à un corps entier qui tremble de manière incontrôlable.
Pourtant, plus je relis l’explication, plus les pièces du puzzle commencent à s’assembler.
Je repense au temps perdu après la sortie.
À cette prise de glucides finalement assez tardive.
Au moment exact où les symptômes sont apparus.
Et, pour la première fois depuis le début de cet épisode, une explication cohérente commence à émerger.
Je ne le savais pas encore, mais cette intuition allait probablement me permettre de sortir rapidement de cette situation.
Comment je suis sorti de cet état d’hypoglycémie
À partir du moment où l’hypothèse de l’hypoglycémie commence à faire sens dans mon esprit, je décide d’agir immédiatement.
Le problème, c’est que mon état s’est encore aggravé.
Les tremblements sont désormais si violents que j’ai énormément de mal à me lever.
Je tente de sortir du lit…
Mes jambes peinent à me porter.
J’avance tant bien que mal jusqu’à la cuisine, presque en rampant. Ce n’est pas très glorieux à raconter aujourd’hui, mais sur le moment, je fais simplement ce que je peux.
Une fois arrivé au plan de travail, je m’y hisse difficilement et j’attrape le premier aliment riche en glucides qui me tombe sous la main :
du miel.
J’en prends une bonne cuillère.
Puis je retourne immédiatement m’allonger.
À cet instant, je n’ai plus qu’une seule chose à faire : attendre.
Et espérer.
Cinq minutes qui m’ont paru interminables
Les premières minutes me semblent extrêmement longues.
Je reste allongé, en observant simplement ce que fait mon corps.
Puis, progressivement…
Les tremblements commencent à diminuer.
Au bout d’environ cinq minutes, les spasmes perdent peu à peu en intensité.
Je recommence enfin à reprendre le contrôle de mes mouvements.
Une quinzaine de minutes après avoir pris le miel, tout est pratiquement revenu à la normale.
Le soulagement est immense.
Mais une fois l’adrénaline retombée, je prends conscience de la violence de l’épisode que je viens de vivre.
J’ai l’impression qu’un train vient de me passer dessus.
Entre les 25 kilomètres de trail, les 1 600 mètres de dénivelé positif et près de vingt minutes de contractions musculaires incontrôlables, je suis complètement vidé.
À ce moment-là, je suis convaincu que quelque chose d’important vient de se produire.
Je ne sais pas encore exactement pourquoi…
Mais je sais que je vais chercher à le comprendre.
Pourquoi une hypoglycémie peut provoquer de tels tremblements ?
Quelques jours plus tard, par simple curiosité, je décide d’aller creuser le sujet.
À cette période, je reprends également des études personnelles en physiologie, en biochimie et en biologie cellulaire. C’est donc l’occasion parfaite pour essayer de comprendre ce qui s’est réellement passé.
Et c’est là que tout devient beaucoup plus logique.
Lorsque la glycémie chute de manière importante, l’organisme considère cette situation comme une urgence.
Le cerveau dépend en grande partie du glucose pour fonctionner correctement. Si sa concentration sanguine diminue trop fortement, le corps déclenche immédiatement toute une série de mécanismes destinés à rétablir un apport énergétique suffisant.
Parmi ces mécanismes figure notamment la libération d’adrénaline.
Cette hormone possède plusieurs rôles essentiels :
-
stimuler la production et la libération de glucose par le foie ;
-
limiter autant que possible la baisse de la glycémie ;
-
maintenir l’apport énergétique vers les organes les plus importants.
Mais cette montée d’adrénaline a également un autre effet.
Elle prépare l’organisme à faire face à une situation d’urgence.
C’est précisément cette réponse qui explique une grande partie des symptômes observés lors d’une hypoglycémie :
-
les tremblements ;
-
les sueurs froides ;
-
les palpitations ;
-
l’anxiété ;
-
parfois même une sensation de panique.
Autrement dit, ces manifestations ne sont pas dues directement au manque de glucose.
Elles correspondent en grande partie à la réponse de l’organisme qui tente de corriger la situation le plus rapidement possible.
C’est un véritable système d’alerte.
Et, dans mon cas, il s’est manifesté avec une intensité que je n’avais encore jamais connue.
Ce que cette expérience m’a appris
Avec le recul, je considère finalement cet épisode comme une excellente leçon.
Il m’a rappelé qu’en nutrition sportive, ce n’est pas uniquement ce que l’on mange qui compte.
Le moment où l’on mange peut parfois être tout aussi important.
Depuis cette mésaventure, je veille beaucoup plus attentivement à organiser ma récupération dès les premières minutes qui suivent une sortie longue.
Une erreur de quelques dizaines de minutes peut sembler anodine sur le moment.
Pourtant, dans certaines circonstances, elle peut suffire à transformer une récupération classique… en une expérience dont on se souvient longtemps.
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Pourquoi les tremblements sont-ils parfois le premier signe d’une hypoglycémie ?
Lorsqu’on pense à une hypoglycémie, on imagine généralement une personne qui fait un malaise ou qui perd connaissance.
En réalité, le corps met en place de nombreux mécanismes de défense bien avant d’en arriver là.
Le cerveau étant fortement dépendant du glucose pour fonctionner correctement, une baisse importante de la glycémie est immédiatement détectée par l’organisme. Celui-ci déclenche alors ce que l’on appelle une réponse contre-régulatrice, dont l’objectif est de faire remonter rapidement le taux de glucose sanguin.
Plusieurs hormones interviennent alors presque simultanément :
-
l’adrénaline ;
-
le glucagon ;
-
le cortisol (plus progressivement) ;
-
l’hormone de croissance, qui participe également à cette réponse sur une échelle de temps plus longue.
L’adrénaline est l’une des premières à agir.
Elle stimule la libération du glucose stocké dans le foie, augmente la production de nouveau glucose par l’organisme et prépare le corps à réagir rapidement.
Mais cette hormone est également responsable d’une grande partie des symptômes que ressent une personne en hypoglycémie.
Parmi eux :
-
les tremblements ;
-
les sueurs froides ;
-
les palpitations ;
-
la sensation d’anxiété ;
-
parfois une impression de danger imminent.
Ces manifestations sont appelées symptômes neurogènes (ou autonomes), car elles sont principalement liées à l’activation du système nerveux sympathique et non directement au manque de glucose dans le cerveau.
Si la glycémie continue malgré tout à diminuer, une seconde catégorie de symptômes peut apparaître : les symptômes neuroglycopéniques.
Cette fois, le cerveau commence réellement à manquer de glucose.
On peut alors observer :
-
une difficulté à réfléchir ;
-
des troubles de la concentration ;
-
une vision floue ;
-
des difficultés à parler ;
-
une perte de coordination ;
-
voire une perte de connaissance dans les cas les plus sévères.
Heureusement, dans mon cas, la prise rapide de miel a probablement permis d’interrompre ce mécanisme avant d’atteindre ce second stade.
C’est également la raison pour laquelle il est essentiel de reconnaître les premiers signes d’une hypoglycémie. Plus la prise en charge est rapide, plus le retour à la normale est généralement simple et rapide.
Comment éviter une hypoglycémie après une sortie longue ?
Cette expérience m’a appris une chose essentielle : la récupération ne commence pas une heure après l’effort.
Elle commence dès les premières minutes qui suivent l’arrêt.
Même si chaque sportif réagit différemment, quelques principes simples permettent de limiter le risque d’hypoglycémie et d’optimiser la récupération après une sortie longue.
1. Anticiper sa récupération
Lorsque tu sais que tu termines une sortie exigeante, prévois à l’avance ce que tu vas manger.
L’idéal est de ne pas attendre d’avoir faim.
Après plusieurs heures d’effort, l’appétit met souvent du temps à revenir. Pourtant, c’est justement à ce moment que l’organisme a besoin d’énergie pour commencer à reconstituer ses réserves.
Préparer sa collation avant même de partir courir permet souvent d’éviter de perdre un temps précieux.
2. Apporter rapidement des glucides
Après un effort prolongé, les muscles cherchent naturellement à reconstituer leurs réserves de glycogène.
Un apport précoce en glucides favorise cette resynthèse et prépare également l’organisme à une éventuelle séance réalisée le lendemain.
Il ne s’agit pas forcément de manger une grande quantité immédiatement, mais d’apporter suffisamment de glucides facilement assimilables avant de passer au repas principal.
3. Ne pas négliger les protéines
Les protéines ne servent pas uniquement à développer la masse musculaire.
Après une sortie longue, elles participent à la réparation des fibres musculaires sollicitées pendant l’effort.
Associer des glucides et des protéines constitue donc une stratégie de récupération intéressante après la plupart des séances d’endurance.
4. Rester à l’écoute de son corps
Les premiers signes d’une hypoglycémie ne doivent jamais être ignorés.
Si tu ressens :
-
des tremblements inhabituels ;
-
des sueurs froides ;
-
une sensation de faiblesse importante ;
-
des vertiges ;
-
une confusion inhabituelle ;
il est préférable d’interrompre ce que tu fais, de contrôler rapidement la situation et d’apporter des glucides si une hypoglycémie est suspectée.
En cas de symptômes sévères, persistants ou d’une perte de connaissance, une prise en charge médicale est indispensable.
✅ Ce qu’il faut retenir
✔ Une hypoglycémie peut survenir après une sortie longue, même lorsque tout s’est parfaitement déroulé pendant l’effort.
✔ L’hypoglycémie réactionnelle résulte d’une réponse insulinique importante après un apport en glucides, dans un contexte où les mécanismes hormonaux protecteurs liés à l’effort diminuent progressivement.
✔ Les tremblements, les sueurs froides et les frissons peuvent être provoqués par la libération d’adrénaline, qui cherche à rétablir rapidement un taux normal de glucose sanguin.
✔ Préparer sa récupération avant même de partir courir est souvent le meilleur moyen d’éviter les erreurs liées à la fatigue ou à une simple perte de notion du temps.
✔ Chaque sportif réagit différemment. Si les hypoglycémies se répètent, il est important d’en rechercher la cause avec un professionnel de santé.
Conclusion
Cette expérience restera probablement l’une des plus marquantes de ma pratique du trail.
Pas parce qu’elle s’est produite au beau milieu d’un ultra ou dans des conditions extrêmes.
Mais justement parce qu’elle est arrivée… après la sortie.
Comme quoi, une séance ne se termine pas lorsque l’on arrête sa montre.
La récupération fait pleinement partie de l’entraînement.
Depuis cet épisode, je fais encore davantage attention à la façon dont j’organise les minutes qui suivent mes sorties longues. Une simple perte de notion du temps m’a rappelé qu’en nutrition sportive, le timing peut parfois être presque aussi important que le contenu de l’assiette.
J’espère que ce retour d’expérience t’aidera à éviter la même erreur.
Et si tu as déjà vécu une hypoglycémie, en course ou dans un autre contexte, raconte ton expérience en commentaire. Les témoignages sont souvent très enrichissants et permettent de mieux comprendre à quel point les manifestations peuvent varier d’une personne à l’autre.
📚 Sources et références scientifiques
Cet article s’appuie à la fois sur mon retour d’expérience personnel et sur les connaissances scientifiques actuelles en physiologie de l’exercice, nutrition sportive et métabolisme énergétique. Les publications ci-dessous permettent d’approfondir les mécanismes abordés.
-
Thomas DT, Erdman KA, Burke LM. (2016). Position of the Academy of Nutrition and Dietetics, Dietitians of Canada, and the American College of Sports Medicine: Nutrition and Athletic Performance. Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics, 116(3), 501–528.
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Burke LM, Hawley JA, Wong SHS, Jeukendrup AE. (2011). Carbohydrates for Training and Competition. Journal of Sports Sciences, 29(Suppl 1), S17–S27.
-
Jeukendrup AE. (2014). A Step Towards Personalized Sports Nutrition: Carbohydrate Intake During Exercise. Sports Medicine, 44(Suppl 1), S25–S33.
-
Cryer PE. (2007). Hypoglycemia, Functional Brain Failure, and Brain Death. Journal of Clinical Investigation, 117(4), 868–870.
-
Cryer PE. (2013). Mechanisms of Hypoglycemia-Associated Autonomic Failure and Its Component Syndromes. Diabetes, 62(12), 3592–3601.
-
Ivy JL. (2004). Regulation of Muscle Glycogen Repletion, Muscle Protein Synthesis and Repair Following Exercise. Journal of Sports Science & Medicine, 3(3), 131–138.
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